Lors de l’audition devant la cours Suprême de New York hier, le 6 juin, Strauss-Kahn s’est prononcé non coupable des sept charges contre lui. Il est accusé d’agression sexuelle, tentative de viol et de séquestration, qu’il aurait commis contre une femme de chambre de 32 ans à l’hôtel Sofitel de Manhattan le 14 mai. DSK a été arrêté avant qu’il puisse quitter New York le jour même de l’agression présumée, et après cinq jours passés dans la prison de Rikers Island, il a été conditionnellement libéré contre une caution de 1 million de dollars et un garanti de 5 million de dollars. Depuis cette date, DSK vit à New York sous stricte surveillance policière.

Le procès DSK

Après son refus d’accepter l’accusation de viol, la voie est ouverte à un procès. Selon l’ordre judiciaire américain, une période de pré-procès de 45 jours suit, qui pourra être prolongée à la simple demande de la défense. Pendant ce temps le procureur présente à la défense toutes les preuves recueillies, tel le résultat de l’analyse ADN, et les témoins qu’il compte citer devant le tribunal. De même, la défense présentera au procureur les alibis de DSK, et c’est aussi à ce moment-là qu’elle pourra décider de plaider la folie. Les avocats de Strauss-Kahn pourront à cette étape aussi demander le juge d’exclure certains documents du dossier du procureur, s’ils y trouvent des soucis formels. Enfin, la défense et le bureau du procureur sélectionneront ensemble les 12 jurés pour le procès. Ces jurés auront ensuite à prendre la décision à l’unanimité à la fin du procès et prononcer DSK coupable ou non coupable des charges.

Les enjeux de l’affaire DSK

L’affaire DSK est particulièrement délicate puisqu’il s’agit d’un important personnage de l’économie mondiale. Strauss-Kahn a été le chef du FMI, le Fonds Monétaire International, jusqu’à ce qu’il a dû démissionner justement suite à cette affaire. Le changement de direction du FMI affecte l’économie qui souffrait déjà d’une crise, surtout dans la zone euro. En outre, Strauss-Kahn paraissait un candidat à la hauteur pour devenir le rival de gauche du président actuel de la France, Nicolas Sarkozy, aux prochaines élections présidentielles.

Désormais, même si le résultat du test ADN est différent de celui annoncé  par le média et DSK est prononcé non coupable à la fin du procès, Sarkozy ne l’aura certainement pas pour rival.